Kick Ass, de Mark Millar et John Romita Jr

Kick Ass, de Mark Millar et John Romita Jr


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Kick Ass

Auteurs : Mark Millar et John Romita Jr
Genres : Comic

Résumé : Dave est un adolescent normal bien décidé à devenir un super-héros dans un monde où ils n’existent pas : le nôtre ! Sans pouvoir, avec pour seul accessoire un costume bricolé, le jeune homme va découvrir que dans la vie réelle, être un super-héros est bien plus difficile et dangereux que dans les comics…

Avis, par Andersandrew : Kick Ass, c’est un énième comics de super-héros Marvel qui a été adapté au cinéma (un deux serait en cours de préparation). Mais attention, c’est bien gore, bien trash ! Âmes sensibles s’abstenir (tous ceux qui ne supportent pas les films de Tarantino, par exemple, vous pouvez passer directement votre chemin, Kick Ass ne sera vraisemblablement pas fait pour vous)

L’originalité, c’est que Kick Ass n’a pas de super pouvoir. Il ne vient pas d’une autre planète, il n’a pas été mordu par un animal radioactif, ou exposé à des rayons. Il a perdu sa mère, mais juste de maladie, et il n’a ni richesse colossale lui permettant de se faire fabriquer des tonnes de gadgets ultra perfectionnés, ni une intelligence supérieure lui permettant de créer une armure volante ou un autre outil du même genre.

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Eux, ils ont la classe. Alors que Kick Ass…c’est un hybride entre une grenouille et une capote

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« Sortez couverts ! »

Kick Ass, ou plutôt Dave, c’est le gentil geek au fond de la classe, qui aime rigoler avec ses potes en discutant du dernier numéro de Spiderman. Celui qui se rêve une idylle avec la plus jolie nana de la classe à laquelle il n’a jamais parlé, et qui sinon, ne se détache en rien du reste du troupeau.

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Dave, le petit blond à lunettes, fan de comics

Mais Dave a un rêve, tout de même : celui de devenir un super-héros. Parce que, mince, si Batman peut le faire, n’importe qui en est capable !
Il se convainc donc qu’avoir de bonnes intentions et un costume suffit ; il devient alors Kick Ass, et cherche à faire régner l’ordre et la justice…dans la ville de New-York.
Première intervention : il se fait poignarder par des délinquants qui essayaient de piquer une bagnole, puis renverser par une voiture qui ne s’arrête même pas pour lui porter secours.

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Ou comment Kick Ass se prend la réalité en pleine face

Le monde de Kick Ass est dur, car il ressemble au nôtre.
Parallèlement à ça, il y a Big Daddy et Hit Girl. Un papa et sa fillette qui vivent heureux ensemble. Sauf que le papa entraîne sa fille depuis toute petite à manier toutes sortes d’armes et à se battre au corps à corps. Leur mission ? Mettre à bas la mafia new-yorkaise.
Les trois super-héros finissent par se rencontrer, et Kick Ass, grâce à son endurance, sa ténacité (et une vidéo sur Youtube prise avec un portable), est reconnu comme un véritable héros. Ça lance la mode.
Et la police dans tout ça ? Elle hausse les épaules.
Les méchants ? Au début, ils se marrent, mais quand Hit Girl débarque et coupe têtes et bras à grands coups de katanas, tout le monde se met à flipper, et la mafia décide de s’occuper personnellement de chaque héros.
Ainsi démarre les ennuis.

Ce comics est trash, il est violent, gore, cruel. Plein d’espoirs naïfs, de personnages attachants. Et, au final, il se termine (plus ou moins) bien.

Mais c’était sans compter Kick Ass 2. Parce que Kick Ass…est une trilogie ! (à priori, chaque épisode fera deux tomes, donc pour l’instant, quatre tomes de sortis, Kick Ass 3 étant attendu prochainement) (EDIT Admin : Kick Ass 3 est sorti, depuis)
Dans le premier épisode, on découvre comment un jeune homme ordinaire devient un héros. On ne peut pas dire que ce soit le meilleur du monde, on peut même affirmer sans trop se tromper qu’il est un peu foireux, mais c’est un Gentil.
Le deuxième épisode s’intéresse à la naissance du Vilain. La Némésis du héros, qui va le poursuivre toute sa carrière, qui ne reculera devant aucune vilenie pour le détruire, l’anéantir totalement.
Et si Kick Ass était connu pour être une série violente, c’est d’autant plus vrai dans cet épisode.

J’oubliais de préciser : les personnages sont vulgaires aussi.

Pourtant, tout commençait plutôt bien. Kick Ass était devenu une figure respectée, et d’autres personnes avaient suivi son exemple. Une ligue de super-héros venait d’être créée, une sorte de milice en costume, si on veut.

La mode Avengers, sans doute. Imaginez Kick Ass à la place d’Iron Man, un clébard au lieu de Hulk, un Captain America du pauvre, et d’autres héros du même style, dont deux qui se surnomment  »Souvenir de Tommy », et vous aurez une idée de la branquitude ambiante.
Comme ça :

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Sauf que l’horreur s’abat et les meurtres commencent. Motherfucker, un nouveau super-vilain sans pouvoirs, mais très riche (enfin, même avec de l’argent, il n’a pas su se trouver un vrai nom), et donc entouré de sbires, fait son apparition, et compte bien mettre Dave à genoux. Car il lui en veut personnellement…et sa vengeance fera un carnage.

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Qui est-il ? Bah, vaut mieux pas le savoir…

Alors, à mon avis, dans Kick Ass premier du nom, la violence avait pour effet de dramatiser un monde (celui des super-héros) qu’on a tendance à prendre à la légère. Car, dans les comics, on sait bien que si la série s’appelle les 4 Fantastiques, ça signifie qu’ils resteront quatre jusqu’au bout ; malgré tout ce qui arrive au X-Men, on sait bien qu’ils surmonteront les obstacles (y compris parfois, leur propre mort). Alors Kick Ass/Dave s’en prend plein la gueule, pour bien nous montrer à quel point il est vulnérable sous son costume. Même Hit Girl (et Big Daddy), sous ses airs de badass, n’est pas invulnérable ; d’ailleurs, ce personnage donne lieu à des discussions très virulentes et intéressantes, car on ignore jusqu’où va sa responsabilité dans les meurtres qu’elle commet. Ce n’est qu’une enfant ! La violence, dans son cas, relève à la fois du dysfonctionnement moral, mais également d’une dénonciation flagrante : les enfants d’aujourd’hui sont confrontés à la violence très tôt, que ce soit la faute à des parents qui font mal leur boulot ou au monde d’aujourd’hui qui fait que personne ne peut y échapper, c’est néanmoins vrai.
C’est pourquoi, selon moi, Kick Ass est une lecture qui vaut le coup, si l’on arrive à passer au delà de l’esthétique du gore.
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C’est d’ailleurs un point particulièrement controversé (anecdote amusante : l’actrice qui interpréta Kick Ass au ciné ne pouvait même pas aller voir le film au vue de son âge)

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« Maman, si tu ne me laisses pas aller voir Kick Ass, je vais être obligée de faire un gros trou dans ton sac Bershka. »

Concernant Kick Ass 2…eh bien, c’est là que ça devient fort. Le lecteur s’est « habitué » à la violence, considérant celle-ci comme un simple outil pour faire passer un message, sans réelle implication émotionnelle (où du moins, le lecteur s’y efforce-t-il).
Oui, mais non, car dans Kick Ass 2, justement, la violence est justement là pour donner un deuxième électrochoc. C’est aux héros que l’on s’attaque, et ces héros qu’on a mis du temps à vous présenter dans les tomes précédents, vous allez les voir souffrir, et vous allez chialer avec eux. C’est vrai, cette fois, la douleur est partagée, la violence n’est pas seulement visuelle, elle est psychologique, et là, même le lecteur le plus endurci est pris au piège !
Quand on lit un comics de super-héros, on sait bien que le Bad Guy va tout faire pour faire du mal au Héros. Et il va souffrir, ça va être triste, mais c’est le Héros, donc on part tout de même du principe qu’il va réussir à se dépasser.
Dans Kick Ass…pas sûr. Dave n’est qu’un adolescent qui se retrouve pris dans un engrenage bien trop énorme, et qui n’avait même pas imaginé que les conséquences seraient aussi terribles.
Qui l’aurait pu ?

Pas lui en tout cas.

Voilà pourquoi Kick Ass est une œuvre à part entière, dynamique, parfois même frénétique, qui mérite le coup d’œil, car elle dénonce de vrais enjeux de notre société, et qui fait se poser de véritables questions à ce propos…mais qui mérite aussi un gros avertissement en rouge : INTERDIT AUX MOINS DE DIX-HUIT ANS. Et c’est pas pour rien.

Fiche issue de : Amours de fans.

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