Le Jeu, de Richard Laymon

Le Jeu, de Richard Laymon


Le Jeu

Auteur : Richard Laymon
Maison d’édition : Bragelonne
Collection : Ombre
Genre : Polar
Longueur : Roman

Résumé : Il ne se passe pas grand-chose à Donnerville. En tout cas, pas à la bibliothèque municipale. Jusqu’au jour où Jane Kerry, la nouvelle bibliothécaire, trouve sur sa chaise une enveloppe contenant un billet de cinquante dollars et un message : «Que l’ange regarde de ce côté». Déconcertée, Jane consulte le roman de Thomas Wolfe qui porte ce titre. L’ouvrage renferme une deuxième enveloppe, contenant cette fois-ci cent dollars et une nouvelle énigme. Les deux lettres sont signées MJ, «le Maître du Jeu». Jane n’est pas rassurée… mais elle décide de jouer le jeu. Or ce n’est pas un jeu comme les autres. Il va exiger d’elle de plus en plus de courage et d’ingéniosité, et l’entraîner à commettre des actes fous, immoraux… et toujours plus dangereux. Plus d’une fois elle va risquer sa vie. Mais c’est un jeu qu’il faut jouer jusqu’au bout.

Le premier chapitre :
Lecture en ligne sur le site de Bragelonne

Avis, par Jainas :

Tout d’abord, une petite mise en situation : j’ai lu ce bouquin parce que je vais avoir à le vendre d’ici cinq jours au Salon du Livre, et que c’est quand même plus facile à faire quand on a lu le livre en question –quoique, ça m’est arrivé d’en vendre que je n’avais même pas ouvert. Mais je n’aime pas faire ça, et là n’est pas la question.

J’ai donc ouvert le Jeu hier matin, pour bouquiner un peu au lit.
Je l’ai fini hier après-midi.
Deux raison à cela : tout d’abord l’écriture, qui est très simple, très fluide sans en être pour autant pauvre. Le point de vue de Jane tout au long du Jeu est très agréable dans sa narration, direct, cru aussi, aux bons moment. C’est une lecture aisée, et qui permet une très bonne identification au personnage.
Ensuite, le Jeu est tout simplement un thriller tout à fait addictif. Tout comme l’héroïne le lecteur va d’une enveloppe à l’autre, grisé par l’argent si facile, excité par l’aventure qui entre dans une vie morne. Et on a tout simplement pas envie de s’arrêter, on veut savoir comment va finir ce Jeu malsain qui ne peut que mal tourner –c’est forcé. La question est de savoir quand, et comment.

La force de ce livre est son point de vue très réaliste, qui j’ai déjà mentionné. On accompagne Jane pas à pas dans sa surprise, son hésitation, sa peur, mais aussi son excitation devant ce Jeu étrange qui lui est proposé. Mais on se questionne aussi, jusqu’où irais-je pour de l’argent, si j’étais dans ce cas ? La question peut paraître stupide, mais on est forcé de se la poser face à l’évolution des tâches imposées par MJ. La subtilité de la chose est que les tâches sont au début faciles, peu impliquantes. Mais très vite, au fur et à mesure que la somme augmente, les risques le font aussi, et Jane se retrouve embarquée dans des choses qu’elle n’aurait jamais faites en temps normal… C’est un peu la théorie de la grenouille dans l’eau chaude, si on la jetait dans l’eau bouillante elle sauterait pour se sauver, mais si on monte graduellement la température, la grenouille ne s’en rend pas compte et se laisse cuire… Du moins jusqu’à un certain point.
La première partie du livre est donc dans l’angoisse diffuse de la présence du MJ, les hésitations, mais aussi l’excitation, et la redécouverte par Jane de ses capacités, de ses limites. Dans les changements que le Jeu entraîne chez elle.
La seconde est bien plus directe dans la crainte qu’elle provoque, tandis que le Jeu se fait plus sanglant, franchit les limites les unes après les autres, et que la présence du MJ qui semble tout puissant se fait bien plus proche et concrète, plus malsaine.

Il n’y a que deux points que l’on pourrait qualifier de négatifs : tout d’abord la fin un peu abrupt, qui laisse sur sa faim, surtout en ce qui concerne le Maître du Jeu, pas seulement sur ses buts –le plaisir pervers à la manipulation est de plus en plus sensible au fil du livre, et on peut aisément imaginer qu’il n’a pas besoin d’autre motivation-, mais surtout sur ses moyens, ou son identité. Ça à presque un goût de trop peu.
Le deuxième point concerne l’évolution physique de Jane au court du Jeu. Si son comportement et sa confiance en elle évoluent au fil des épreuves, elle subit aussi des changements physiologiques –les « distractions » prévues par le MJ la forcent en effet à donner d’elle même et à se remettre en forme.
Mais lesdits changements sont sensibles en a peine quelques jours de manière radicale… ce qui est ridicule. N’importe qui ayant jamais fait ne serait-ce qu’un peu de marche en montagne sait qu’il ne suffit pas d’un peu d’exercice physique pour soudain se retrouver mince et tonique en deux jours top chrono (tonique, oui, peut-être, une fois passé les trois jours de courbatures… Mais mince ? laissez moi rire.) Bref, c’est un détail à la con, mais ça m’a perturbé sans doute plus que ça ne devrait.

Le Jeu a donc été pour moi qui ne suis a priori pas très porté sur les thrillers une très bonne lecture, intense, qui m’a laissé au final assez tendue, et au risque de me répéter, j’ai énormément apprécié la voix narrative.
De la tension, de la psychologie et de l’angoisse, une bonne pointe d’horreur épicée juste par ce qu’il faut de romance et en prime une réflexion sur la compromission par avidité : que demande le peuple ? Ce bouquin m’a vraiment très agréablement surprise et captivée.
Je le vendrai donc avec plaisir. : )

Fiche issue de : Livre émoi.
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