Wicked Gentlemen, par Ginn Hale

Wicked Gentlemen, par Ginn Hale


Wicked Gentlemen

Auteur : Ginn Hale
Genre : steam-punk.

Résumé : Dans une Angleterre steam-punk les humains cohabitent avec des démons que les prêtres ont convaincu des siècles auparavant de venir chercher la rédemption à la surface. A présent dans une société aussi rigide que celle de la fin du règne de Victoria, la place des descendants des démons est bien sûr tout en bas de l’échelle dans des ghettos-taudis sous terre. Belimai Sykes, héros et narrateur de la première affaire vit lui à la surface où il peut se procurer ses doses d’ophorium et un petit peu d’argent. Ses jours se suivent dans un cycle monotone de rush et badtrip jusqu’à ce qu’il soit engagé sur une affaire sordide par le Capitaine William Harper, membre de la Sainte Inquisition. De course-poursuite en tentatives de meurtre, nos deux protagonistes que tout semble opposer vont se rapprocher.

 

Avis : Laissez-moi vous présenter Wicked Gentlemen l’un des romans que j’emmènerais sur une île déserte.

C’est un de mes livres favoris de tous les temps pour plusieurs raisons (et oui Balzac chéri à du soucis à se faire mais heureusement il est mort et donc hors classement !) que je vais vous présenter.

Tout d’abord, j’adore le monde. Non pas dans le sens : oh trop bien, je voudrais tellement y vivre, mais plutôt dans le sens : que voilà un monde bien construit et intéressant, comme j’aime lire dessus et qu’est-ce que j’aurais aimé le créer !
Pourquoi est-ce que je l’adore ? Déjà parce que ça se passe dans un XIXème siècle londonien. On retrouve les odieux lords bouffis de privilèges, les pauvres exploités et oubliés de tous, les bourgeois arrogants et envieux et toutes ces choses connues sont avec maestria mêlées à l’étrangeté des Prodigals, à la sur -représentation du clergé : les banquiers sont des membres du clergé, la police est assurée par l’Inquisition, et aux nouveaux codes sociaux que cela crée. L’effet est vraiment agréable, on est à la fois en terrain connu : on s’imagine facilement les décors, les tenues, les attitudes, et en même temps on est dans le fantastique, les règles ont changé, il y a des retournements de situation qu’on ne pouvait prévoir sans connaître le monde, il y a de la magie dans l’air mais sans qu’on sache vraiment où la chercher…

J’ai aimé l’histoire (que je ne vous déflorerai pas), intrigante, passionnante, tordue, et tellement caractéristique de l’époque.

Mais mes véritables amours sont les personnages. Les personnages secondaires sont sympathiques et assez développés pour qu’on s’y attache, mais le sel du livre ce sont Belimai et Harper.

Belimai. Comment décrire Belimai sans trop exposer son passé ? Belimai est abordé avec une première personne, il est notre point d’ancrage et notre point de vue dans ce monde étrange, la première nouvelle est ainsi vue et racontée par lui. Belimai est un homme cynique, avec d’étranges et agréables côtés polissons qui ressortent parfois. Il est impossible de ne pas tomber sous le charme de Belimai malgré son caractère torturé et surtout cette horrible image qu’il a de lui même comme d’un moins que rien. Malgré ses ascendances démoniaques, Belimai est avant tout profondément humain et ses faiblesses autant que ses forces le rendent réel et attachant.

Harper est pour nous dans toute la première nouvelle un personnage très énigmatique. En effet, nous ne le voyons que par les yeux de Belimai, avec la distance qu’il y a entre les deux personnages. Il est difficile de comprendre ses motivations ou bien son comportement. Mais la deuxième nouvelle nous présente un point de vue à la troisième personne et se centre sur Harper, le suivant dans une de ses enquêtes. Dès lors, Harper cesse d’être un étranger pour devenir un vrai personnage. Et quel personnage. Harper est caractérisé par son mutisme, par tout ce qu’il cache et réprime, tout ce qu’il a du mal à exprimer, à partager alors que ses sentiments essaient désespérément de sortir. A partir de là les plus petites choses qu’il exprime prennent la force d’un ouragan de passion et émeuvent le coeur du lecteur.

Le dernier point qui m’a ravie c’est la relation entre Belimai et Harper. Une relation étrange, arythmique, qui se construit en sourdine sur une multitude de non-dits et qui ne ressemble à aucun schéma de roman à l’eau de rose, sachant toujours rester juste et presque pudique ce qui donne à la moindre étincelle la puissance d’un big bang.

Il n’y a qu’une seule chose que je n’ai pas aimé dans ce livre : il est trop court !
Heureusement, l’auteur travaille actuellement sur une suite (Yaaaaaay !).

Fiche issue de : Amours de fans.

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