Chroniques des terres sans lune, de Patricia Torrente

Chroniques des terres sans lune, de Patricia Torrente


Chroniques des terres sans lune
Le sang des Nahdas

Auteur : Patricia Torrente
Genres : Jeunesse, fantasy.

Résumé : Narcisz est le fils d’une guérisseuse, il vit en dehors d’un petit village humain où sa mère est à la fois respectée et traitée avec défiance à cause de ces grands pouvoirs, en effet, elle possède entre autre le pouvoir de réveiller les Dormants, les êtres qui ont été effleurés par les Dévoremondes, des monstres fantomatiques qui volent la vie de ce qu’ils touchent. La vie de Narcisz est donc presque paisible, jusqu’au jour où il sauve un Gris-Roche, un guerrier-sorcier venu d’un peuple à qui les humains font la guerre depuis des générations la haine au coeur. Peu à peu une étrange amitié naît entre les deux jeunes gens qui seront bientôt rattrapés par le destin car ils sont deux qui font un, ceux qui réunissent ce qui a été séparé, ceux qui rendront la paix au monde.

Avis :

Pour commencer, je dois vous dire que ce livre vient du rayon jeunesse de l’un de mes marchands de rêves. Ma relation avec le rayon jeunesse est une relation de haine et d’amour. De haine parce que je suis mortellement jalouse de tout ce qui s’offre aux jeunes d’aujourd’hui, depuis des Mary Sue comme Tara Duncan à des romans historiques comme Les colombes du roi-soleil, en passant par de la fantasy comme Les chroniques de la tour. J’aurais vendu père et mère pour mettre la main sur de tels bouquins quand j’étais jeune, mais j’ai à présent peur d’être déçue et de trop voir les ficelles de ce genre de livres si je les lisais à mon âge vénérable. Mais aussi une relation d’amour parce que je sais que de petits chefs-d’œuvre sont là et n’attendent que moi pour être lus et m’emmener dans des contrées lointaines et merveilleuses.
C’est donc après de très longues tergiversations que j’ai fini par laisser libre cours à mon instinct et à prendre ce livre qui m’avait inexplicablement tapé dans l’œil.

Je ne l’ai pas regretté, c’est le moins que je puisse dire. Les héros sont merveilleux, Narcisz le chasseur est jeune, parfois terrifié par son destin, mais beau et courageux, Bemoth, le gris-roche est noble, courageux, fort, puissant mais il n’a jamais connu l’amour et craint ses sentiments ; tous deux se complètent très bien et se soutiennent à tour de rôle dans leurs épreuves, ils sont toujours là pour empêcher l’autre de sombrer dans la folie et pour le pousser à avancer.
Le monde est vraiment très bien fait : les animaux ont des noms composés très poétiques comme les lynx-lizzards ou les longcornes ; nous découvrons peu à peu les peuples qui habitent cette terre, leurs vies, leurs pouvoirs, leurs travaux, leurs forces, leurs faiblesses ; la trame globale est amenée lentement comme un écheveau que l’on déroulerait et reste très poétique, pleine d’amour et de sentiments, de sourires et de larmes.
Les personnages qui entourent nos deux héros sont formidables : entiers, différents, nobles et pourtant si faibles parfois ; une mention spéciale à la mère du héros, Meïra qui est une sorte de Sarah Connor sorcière, la mère parfaite prête à tout pour son fils, redoutable comme une lame, féroce comme une lionne.
L’écriture est très fluide, je n’ai senti passer ni les chapitres (courts comme il convient au récit et à un livre publié en jeunesse) ni les stations de métro autour de moi, la preuve d’une alchimie très réussie.

Enfin, le petit plus qui me fait plaisir : la relation entre Bemoth et Narcisz. En effet leur amitié extrême s’apparente plus dans mon esprit légèrement suspicieux à de l’amour qu’à de simples sentiments fraternels. Il y a tout d’abord toutes les prophéties sur le fait qu’ils sont deux feront un, ceux qui réunissent… Ensuite, il y a tous ces moments où ils sont sur le point de flancher et où tout ce qui les retient et les ramène à la vie est la présence de l’autre qui tend une main, ou même son simple souvenir. Alors certes, il y a des filles, filles qui d’ailleurs sont marquées du sceau de la petite amie officielle, comprenez par là qu’à peine arrivent-elles en scène que l’alchimie de l’amour se déclenche (ce qui fait chuter leur degré de réalisme et d’identification) ; mais bon, ces filles n’empêchent pas des choses merveilleuses d’avoir lieu : Narcisz qui préfère se tourner vers Bemoth plutôt que vers sa future, Narcisz qui s’avoue jaloux lorsqu’il voit par erreur (et un peu saoûl) le corps enlacé du gris-roche et de sa petite amie, et enfin, toute l’émotion finale que je ne vous déflore pas. En bref, même s’il y a des femmes, ces deux là restent éminemment louches et mignons ensembles.

Ce livre m’a fait plonger dans un univers magique et rondement mené où j’ai voulu apprendre les secrets de l’histoire du monde, où j’ai voulu suivre les traces des héros, où j’ai frémis pour eux, où j’ai senti mon coeur se serrer de dégoût devant des monstres répugnants et où j’ai espéré voir l’aube d’un jour nouveau se lever sur les peuples de nouveau unis.

Un livre pour tous et à mettre entre toutes les mains.

Fiche issue de : Livre émoi.

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