A Society of Gentlemen, de K. J. Charles

A Society of Gentlemen, de K. J. Charles


  

A Society of Gentlemen

Auteur : K. J. Charles.
Genre : Romance.

Résumé : A young gentleman and his elegant mentor fight for love in a world of wealth, power, and manipulation.

Avis, par Jainas :

Ayant mis à profit mes vacances pour me mettre presque à jour de mes critiques de livres sur Babelio, j’en profite pour recommander ici une série, et surtout une auteur qui m’a été indiquée par berylia et dont j’ai fini par lire et apprécier pas moins de dix romans ! Une valeur sûre donc, et il faudra absolument que j’écrive une critique de The Magpie Lord à l’occasion… mais pour l’instant je bats le fer tant que ma lecture de sa série la plus récente est encore chaude !

La romance a en général un petit goût de plaisir coupable qui est encore renforcé quand les couvertures sont malencontreusement adornés d’éphèbes torse nu… Qu’on est pourtant loin des personnages, des scénarios solides et de la finesse des romans de K. J. Charles ! Plaisir certainement, coupable, pas une seconde et je peux l’argumenter !
J’ai lu (ou plutôt avouons-le : dévoré) les trois tomes et la novella qui constituent la série A Society of Gentlemen en un temps ridiculement court et avec une satisfaction ne se démentant pas, aussi une critique individuelle de chaque livre s’impose-t-elle. Tout en maintenant la cohérence d’un arc narratif global et bien plus de profondeur et de complexité que l’on pourrait en attendre, les tomes sont suffisamment intéressants et différents les uns des autres pour se tirer avec honneur de l’exercice… Nous voici donc lancés !
(Attention, spoilers potentiels sur les derniers tomes… Mais sachez que si vous hésitez, la lecture de A Fashionable Indulgence est indispensable pour apprécier celle du fantastique A Sedicious Affair. <3 )

A Fashionable Indulgence ★★★
La romance historique ne m’intéresse pas particulièrement, mais ayant englouti ces derniers mois tous les autres écrits des K.J. Charles, c’est assez inévitablement que j’ai fini à me retrouver avec A Fashionable Indulgence en main. Le pitch de base ne m’attirait guère, me semblant sentir le réchauffé, ou du moins le cliché de base : un orphelin désargenté qui se découvre bien né et auquel on fait miroiter un splendide héritage… à la condition toutefois qu’il apprenne à se conduire en gentleman et puisse être introduit en société, où il lui appartiendra de faire un bon mariage.
Mais c’était prêter bien peu de crédit à K.J. Charles, qui prouve une nouvelle fois sa capacité à camper des personnages complexes, nuancés et psychologiquement consistants, ainsi qu’à les inscrire dans un scénario solide, aux rebondissements bien menés.

Nous voilà donc à la rencontre d’Harry, qui a été élevé parmi une cohorte de radicaux, de pamphletistes et d’agitateurs de tous crins… mais n’hésite pour autant pas longtemps à tourner le dos aux luttes démocratiques (un gros mot du point de vue de la bonne société) quand son grand-père le fait chercher car il est désormais le seul héritier mâle de la branche aînée des Vane.
Confié aux bons soins de son cousin Lord Richard Vane qui sera chargé de superviser son entrée dans le monde, Harry est mis entre les mains du glacial Julius, Dandy acéré au goût impeccable qui va accepter le défi de le rendre présentable et de faire de lui un Gentleman… et avec lequel, on le devine aisément, une romance va fleurir.
Disons le tout de suite, A Fashionable Indulgence n’est pas mon favori de la série, probablement parce que je n’ai pas accroché plus que ça au couple principal… Mais l’intrigue elle-même m’a tenue intéressée tout du long, et j’ai apprécié l’évolution d’Harry, qui subit la tension de son passé d’agitateur radical et va devoir faire des choix mettant à l’épreuve son intérêt financier et sa loyauté envers ses anciens amis… tout en mettant durement ses nouveaux à l’épreuve.
Le fait qu’à la romance et à l’intrigue « de base » viennent se mêler un questionnent sous-jacent des structures sociales et que le thème de la collision entre bas peuple et aristocratie soit récurrent au fil des trois romans est clairement un des aspects qui me plait dans cette série, ainsi que le traitement toujours subtile qui en est fait. L’aspect historique est très bien renseigné, et ce mélange des genres donne un résultat surprenant.

A Sedicious Affair ★★★
Les gentlemen rassemblés autour de Richard Vane sont de naissance et d’obédience politiques diverses, de bon goût certain, et outre une certaine rectitude morale, ils partagent également un secret, celui de leur inversion qui leur vaudrait la disgrâce de leur pairs et probablement la corde si elle venait à être connue.
Tous ont été mis à contribution quand le passé d’agitateur démocrate d’Harry a menacé sa réputation et son futur, mais nul n’a plus été ébranlé par l’affaire que Dominic Frey, Tory intègre travaillant au Home Office et justement chargé de la lutte contre les séditionnistes… Car il a découvert que son amant depuis plus d’un an n’est autre que Silas Mason, libraire radical qui en plus d’être le mentor d’Harry en sédition se trouve être d’un des pamphletistes les plus recherchés. Cela suffirait à lui attirer l’incompréhension et la désapprobation de ses amis l’incitant à interrompre l’affaire avant que sa propre réputation ne soit mise en danger… mais ils désapprouvent et ne comprennent pas non plus les penchants masochistes de Dominic, qui avait pour la première fois de sa vie trouvé en Mason un partenaire capable d’en effacer la honte.

Que du bon de bout en bout dans A Sedicious Affair, qui démarre sur les chapeaux de roue et reprend et développe les points de vue de Silas et Dominic sur leur part dans le scénario de A Fashionable Indulgence puis poursuit sur ses retombées… et la nouvelle menace quand le passage des Six Acts par l’Assemblée commence à faire peser sur Silas la menace du pilori et de plusieurs décades de déportation pour ses activités séditionistes… et que ce dernier refuse de trahir ses convictions.
L’aspect politique de la série s’intensifie dans ce tome, et sert superbement la relation entre Silas et Dominic et en nourrit abondamment la composante intellectuelle, apportant progressivement un peu de nuance et de flexibilité à chacun d’entre eux… tandis que la situation autour d’eux se fait de plus en plus inextricable, et que le scénario – historiquement très fidèle – se complexifie.
Je ne vais pas me répéter plus que nécessaire en louant une fois de plus la complexité et la subtilité que K. J. Charles apporte à ses personnages et à son scénario et son dosage parfait entre romance et intrigue, mais je préciserai que j’ai vraiment adoré ce qu’elle a fait de la relation entre Silas et Dominic sur tous les plans, que le BDSM est merveilleusement géré, et que l’aspect historique très bien renseigné qui aboutit au Complot de la rue Cato et la fracture sociale qui infuse tout le bouquin en font mon tome favori de la série. Je l’ai fini il y a une semaine et j’ai déjà envie de le relire !

Je finirai en précisant que la couverture de ce tome est pour moi assez incompréhensible et ne fait vraiment pas honneur au roman. Je n’ai aucune idée de qui ce jeune homme alangui est censé être puisque Silas et Dominic ont tous les deux la quarantaine grisonnante, que Silas est bâtit comme un taureau et porte encore les traces d’un passage au pilori quinze ans auparavant, tandis que Dominic est décrit comme un gentleman pâle avec un début d’embonpoint…
Que voulez-vous, l’édition de romance à des raisons que la raison ignore ! ^^

A Gentleman’s Position ★★★
Une romance entre un Lord et son Valet, voilà un autre pitch qui pourrait être aussi terriblement cliché qu’éculé… et pourtant une fois encore la plume de fée de K. J. Charles fait du neuf avec du vieux, du subtil bien réfléchi avec de l’évident !
Centre et pivot de sa société de gentlemen, Lord Richard Vane est un homme à l’intégrité scrupuleuse, très conscient de de son pouvoir et de sa richesse… et des obligations de comportement qui en découlent. Il est celui vers lequel on se tourne en cas de problème ou de doute, et il lui appartient de protéger ses amis et leur réputation… Entreprise dans laquelle l’aide de son valet, le loyal et très efficace David Cyprian, se révèle inestimable. C’est lui qui a mis la main à la résolution des multiples dangers soulevés d’abord par Harry, puis par l’affaire insensée de Dominic avec un radical accusé – à raison – d’appel à la sédition…
Mais à peine ces troubles apaisés qu’en surgissent de nouveaux, plus personnels, quand l’attirance mutuelle entre Lord et valet devient indéniable. Mais le code de conduite de Richard est inflexible, et malgré son désir il est profondément conscient de l’inégalité de leur position et de l’impossibilité d’une relation quand l’un des partis en présence détient tout le pouvoir. Et, au terme d’une confrontation passionnée et explosive qu’il va rapidement regretter, il parvient à convaincre Cyprian… que leur histoire est effectivement impossible et bien malgré lui à le chasser (aller, avouez, vous ne vous y attendiez pas ^^) !
Et les problèmes de cœur et de valet de Richard vont vite se révéler le dernier de ses soucis puisqu’un malheur ne vient jamais seul… et qu’une accusation de sodomie et une tentative de chantage visant l’un des Ricardiens menacent de compromettre tous les gentlemen du cercle…

Ce que j’aime chez K. J. Charles, c’est que les obstacles ne sont jamais artificiels, que la résistance interne comme externe à la romance se sont pas de simples prétextes mais au contraire des arguments et des enjeux bien réels pour les personnages, joués avec beaucoup de justesse émotionnelle et qui n’ont pas de solution toute trouvée. Elle en parvient presque à faire douter le lecteur de l’issue heureuse (un comble dans un bouquin de romance) et en tout cas certainement du chemin pour y parvenir.
On retrouve une nouvelle fois les thèmes d’inégalité sociale qui traverse la série, déclinés sous une autre forme, et j’ai beaucoup apprécié les remises en question successives des certitudes et de l’autorité de Richard, les interventions des autres personnages et les aperçus de leurs intrigues (je prédis un prochain tome ou une novella sur Will et Jon Shakespeare), l’amitié entre Silas et David… et bien entendu le fait que ce dernier ne s’en laisse pas compter, et fasse réaliser les failles et l’hypocrisie de sa solution de facilité à Richard.
J’ai trouvé quelques légères facilités à la chute de ce troisième et pour l’instant dernier roman de la série, mais absolument rien de rédhibitoire et encore une fois la lecture a été un excellent plaisir.

A noter enfin que la série compte une courte novella principalement érotique sur deux autres des gentlemen de la clique Ricardienne (mais même là c’est très bien fait et les personnages sont construits, carrés, il y a de l’évolution psychologique et des enjeux importants !). The ruin of Gabriel Ashleigh peut se lire indifféremment après le premier ou le second tome… mais avant le troisième de préférence !

Tl;dr : Une série (et une auteur) que je recommande les yeux fermés ! Et si vous préférez votre romance avec plus de magie, The Magpie Lord est fait pour vous !

Fiche issue de : Amours de fans.

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