La passe-miroir, de Christelle Dabos

La passe-miroir, de Christelle Dabos


passe miroir

La passe-miroir

Auteur : Christelle Dabos
Genres : Fantasy, Action/Aventure
Longueur : 4 tomes annoncés (seuls 2 publiés pour l’instant).
Note : Le premier tome a remporté le concours du premier roman jeunesse organisé par Gallimard jeunesse, RTL et Télérama

Liste des tomes :
1 – Les fiancés de l’hiver
2 – Les disparus du Clairdelune
3 – En cours d’écriture
4 – En projet

Résumé : Vivant tranquillement sur son petit bout de terre sans rien demander d’autre à personne que continuer à tenir son musée d’objets anciens, la jeune Ophélie appartient à un petit monde dont les habitants ont la particularité d’interagir avec les objets qui les entourent. Et en plus de cette faculté, elle en a deux autres plus rares et originales encore : celle de traverser les miroirs pour se déplacer de l’un à l’autre, et celle de lire l’histoire passée des objets et des personnes qui les ont touchés à un moment ou un autre de leur existence.

Après avoir par deux fois refusé d’épouser des siens cousins afin de maintenir son petit train-train, Ophélie se retrouve du jour au lendemain fiancée à un étranger qui ne la connaît pas plus qu’elle ne le connaît. Et cette fois, pas question de s’y soustraire : c’est un ordre, et ça vient d’en haut ; de bien plus haut que ses parents.

Non seulement cela, mais elle va même devoir quitter son petit univers pour aller habiter à l’autre bout du monde, là d’où vient son futur mari.

Ce sera là le début de découvertes inouïes, d’aventures palpitantes, de dangers permanents et insoupçonnés, d’intrigues dans les arcanes du pouvoir, de machinations et manipulations redoutables. A qui pourra-t-elle se fier? À qui faire confiance, et de qui se méfier absolument? Quelles sont les règles de ce nouveau monde? Question cruciale, car leur ignorance peut lui faire commettre un faux pas qui la mènera en prison… ou à la mort. Et l’on ne peut pas dire que son fiancé l’aide beaucoup à les apprendre. Son seul conseil? Ne faire confiance à personne, se méfier de tout, se cacher absolument. Pas très formateur.

Petit à petit, elle découvre, elle apprend : la hiérarchie des classes sociales basée entre autre sur la famille et la naissance, les pouvoirs spécifiques de chaque clan, des plus violents aux plus sournois, le jeu des alliances inhabituelles et presque toujours opportunistes… Les haines tenaces…

Et à chaque nouvelle personne qu’elle rencontre, Ophélie apprend à se poser toujours la même question : ami ou ennemi?

Et cet étrange fiancé… ami ou ennemi? Victime de ces circonstances tout autant qu’elle, ou bien machiavélique manipulateur, organisateur de la situation?

Quel est donc ce mystérieux secret qui a amené ces étranges fiançailles dont il ne semble pas plus heureux qu’elle?

Quels mystères se cachent derrière tout cela? Serait-ce lié à ce mystérieux phénomène qui a eu lieu des siècles auparavant, la Déchirure, au cours duquel la Terreautrefois une et sphérique – fut brisée en dizaines ou centaines de morceaux, les Arches, flottant désormais dans l’atmosphère?

Et que sont vraiment ces ancêtres immortels, les Esprits de famille, dont chacun des habitants des Arches descend et tient le pouvoir spécifique de sa lignée?

…Et Dieu dans tout ça…? À quoi joue-t-il avec ces Esprits de famille? Et à quoi tous ces mystères riment-ils? C’est un peu sur cette question que se termine le deuxième tome. Sur ça, et sur le devenir d’un des personnages (mais chut, pas de spoilers…)

Avis : Cet avis ne portera que sur les deux premiers tomes, puisque les autres n’ont pas encore paru à cette date…

Le tout premier coup de cœur vient de l’univers créé par l’auteur:

Sur Anima, les maisons ronchonnent si l’on y pénètre à des heures indues, les placards râlent si celui qui les ouvre n’a rien à faire là, les salières lévitent d’un convive à l’autre au cours des repas, les vieilles écharpes élimées peuvent se comporter comme des chats d’appartement…. et les objets donnent des visions de leur histoire passée à ceux qui ont le don de les lire.

Au Pôle, les illusions de lumière, de fleurs et de chaleur parviennent à masquer l’hiver quasi permanent, les toiles élimées se font passer pour de somptueuses tapisseries, les murs crasseux pour des boiseries dorées. Et les ennemis pour des amis. Les membres du clan des Dragons chassent les bêtes sauvages géantes à mains nues grâce à leur pourvoir ancestral, et ceux du clan de la Toile ont une sorte d’intranet qui les connecte les uns aux autres. Les Walkyries servent de gardes du corps, et les sabliers vous transportent d’un lieu vers un autre pour un temps imparti.

Un univers fantastique, merveilleux, mâtiné de steampunk ; au fil des pages on imagine peu à peu une fin de dix-neuvième siècle ou un début de vingtième, avec ses modes vestimentaires et ses technologies (téléphone, dirigeables, ascenseurs, trains à vapeur, montres gousset, monocle, chapeau-claque et ombrelles, chaperons pour veiller sur les jeunes filles pas encore mariées), seulement ce monde a explosé en différents morceaux de Terre d’une taille variant peut-être d’un département français à un pays entier. Oh, et bien sûr, les humains ont ici des pouvoirs surnaturels que nous n’avons pas. Ainsi que quelques aïeux vieux de plusieurs siècles toujours en vie…

Deuxième coup de cœur : l’écriture. Élégante, qui ne prend pas ses lecteurs pour des incultes ou des incapables à qui il faut mâcher le travail, et pourtant si fluide et agréable à lire ! C’est riche mais ça coule tout seul. Mention spéciale aux descriptions : on a l’impression de véritablement voir tous ces décors, tous ces personnages, toutes ces attitudes qu’on nous décrit. C’est une réelle féerie.

Autre coup de cœur : les personnages. Attachants (ou moins sympathiques), inquiétants, bourrés de contradictions, trop enthousiastes ou trop réfléchis, cachant leurs secrets ou cherchant à découvrir ceux des autres… tous ont quelque chose de particulier.

Une petite présentation de nos personnages principaux :

 Ophélie :
« Sauf ton respect, fille, tu n’es pas la feuille la plus avantageuse de notre arbre généalogique. Je veux dire, c’est juste un musée que tu tiens, pas une orfèvrerie. »

ophélie
Son âge n’est volontairement pas précisé. La petite vingtaine?
Empotée, au physique très commun, assez taciturne, toujours mal attifée (« sac à patates binoclard »), elle se plait dans la solitude de son petit musée, dans son petit train-train tranquille, et ne demande qu’une seule chose : que rien ne change. Mais confrontée aux difficultés et aux épreuves, sa force intérieure, son entêtement et sa curiosité longtemps cachés pointent le bout de leur nez, et peu à peu elle en arrive même à tenir tête à son envahissante maman. Et à entourlouper les autorités. Ou même à poser ses conditions.
« Oublie ce que je t’ai dit la dernière fois. Je te prédis que la volonté de ton mari se brisera sur la tienne. »

 Thorn :
« L’Intendant déteste tout le monde, et tout le monde déteste l’Intendant. »

thorn
Pas d’âge très précis non plus. Probablement autour de vingt-cinq ans, si on doit vraiment lui donner un âge ?
Très grand, maigre, la mine sinistre, pâle et blond, yeux bleus, balafré, le fiancé d’Ophélie n’a vraiment rien de chaleureux. Ni d’une gravure de mode.
Dire qu’il est froid est un euphémisme. Il ne se trouve qu’une seule personne au monde pour l’aimer vraiment : sa tante. Et elle est sans doute également la seule personne qu’il aime. Si tant est qu’il en soit capable. En tout cas elle est la seule à qui il fasse confiance.
Ce gars là a érigé le secret en mode de vie, peut-être même en culte. Et il a en horreur les paroles inutiles. Il ne dira pas trois mots là où deux seront suffisants. Ophélie n’est déjà pas très causante, mais là on atteint un summum. Il ne prête pas non plus la moindre attention à ce que les gens pensent de lui, et ne fait jamais aucun effort pour plaire autour de lui. Il ne respecte ni la naissance, ni l’élévation sociale, ni les richesses, ni les pouvoirs. En fait il ne respecte qu’une chose : les chiffres. Et tient de sa mère une mémoire prodigieuse, au point qu’il se souvient même de sa propre naissance. Mais le pouvoir dont il a hérité du côté paternel est bien plus terrifiant…
Alors… allié ou ennemi?
« Si ce grand ahuri étrangle tout ce qui bouge, je conçois aisément que les amitiés n’affluent pas à sa porte. »

 La tante Roseline :
« Et moi, j’ai peut-être mon mot à dire? »

Veuve, marraine d’Ophélie, elle l’accompagne en guise de chaperon. Ophélie la connaît peu au départ, et va la découvrir peu à peu. J’adore ce personnage, qui intervient peu mais souvent à bon escient. Et de façon bien sentie. Souvent dépassée par les événements du fait que, pour ne pas l’effrayer, sa nièce ne lui dit quasiment rien du peu qu’elle-même apprend, elle a souvent des réactions et des réparties parfois décalées mais très drôles. Et fait parfois aussi des réflexions très sages et tout à fait à propos.
« La cour ! souffla Roseline en grattant le papier de sa plume. Un bien joli mot pour désigner une grotesque scène de théâtre où les coups de poignard se distribuent dans les coulisses. »

 Bérénilde :

La tante de Thorn. Probablement la petite quarantaine. Très belle et gracieuse. Se sert un peu trop de son pouvoir familial sur Ophélie, dans les premiers temps. Grande favorite d’un amant très haut-placé qui a tendance à perdre la mémoire de temps en temps… au point d’oublier parfois jusqu’à l’existence même de Bérénilde ! Si si. Alors elle doit souvent faire face seule à ses rivales et à ses ennemis.
Alliée ou ennemie, pour Ophélie?

 Et il y en a encore tant d’autres! Farouk, Archibald, Melchior, le « chevalier » (le plus terrifiant de tous les personnages en un sens, en tout cas de mon point de vue), Renard, le père d’Ophélie, sa mère, sa sœur aînée, son grand-oncle… Je vous laisserai les découvrir au fil des pages.

En bref : il me reste après cette lecture un sentiment d’émerveillement d’enfant, de fantastiques images à foison grâce à la magie des descriptions, beaucoup d’interrogations quant à l’intrigue globale derrière toute cette histoire… et une hâte terrible de lire le tome 3. Ça va être looooong d’attendre!

(Source des illustrations : http://www.passe-miroir.com/index.php?id=1)

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2 réflexions sur “La passe-miroir, de Christelle Dabos

    1. Merci. Je ne recommande sur « Book is not the enemy » que les livres que j’ai vraiment adorés, alors c’est rare que je le fasse, je fais un « tri » et ne rédige une recommandation que sur la « top qualité » o presque, mais là, je ne me suis même pas posé de questions… Espérons que ça aura amené quelques curieux vers ces livres !
      Et puis faut bien s’occuper et entretenir la flamme en attendant le tome 3.

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