Sex in the kitchen, d’Octavie Delvaux

Sex in the kitchen, d’Octavie Delvaux


 Sex in the kitchen

Auteur : Octavie Delvaux.
Genres : Humour, chick-lit, érotique, romance.
Longueur : Roman. 318 pages.

Résumé : Charlotte, jolie brune de vingt-huit ans, partage ses journées entre son boulot répétitif de maquettiste, sa passion pour les recettes bios, et son blog culinaire qui cartonne. Seule ombre au tableau : sa vie de couple soporifique. Intriguée par les aventures sexuelles de ses deux meilleures copines, Morgane, la fashionista nymphomane, et Déborah, la dominatrice-orthophoniste, Charlotte rêve secrètement d’ébats plus pimentés. D’un jour à l’autre, sa petite vie va basculer. Elle plaque son mec, un nouveau directeur aussi odieux qu’irrésistible débarque dans sa boîte et un mystérieux admirateur lui fait des avances carrément indécentes…

Avis :

Le premier coup de génie de ce bouquin, c’est d’être de la chick lit érotique. De la chick lit érotique ! Non mais, déjà, il fallait inventer l’idée. J’admire.

L’autre est d’être d’une intense drôlerie ! Du genre (c’est pour moi très souvent un signe d’un vrai coup de cœur) que j’aurais aimé pouvoir faire.

On y suit les aventures de Charlotte, fraichement célibataire après avoir découvert que son mec la trompait, blogueuse es cuisine et intégriste du boulgour bio, de Deborah, l’orthophoniste-domina et sa suite de soumis, et de Morgane, l’accro de la mode qui change de style vestimentaire comme de nouvel « homme de sa vie » (soit tout le temps).

Et qu’est-ce que c’est drôle ! J’avoue que je ne m’attendais pas à rire ainsi en lisant ce livre. L’éditeur le présente, certes, comme une comédie romantico-érotique (et c’en est une), mais je ne m’attendais pour autant vraiment pas à rire ainsi. Non mais, sérieusement, on est dans le domaine de l’érotique. Généralement, on ne rit pas autant. Et pourtant, je n’ai pas arrêté de rire en lisant les répliques des trois copines, d’en lire des passages à mon homme (et de le faire rire aussi – il a commencé à le lire à son tour, depuis, d’ailleurs) et d’en lire des passages choisis à des amis aussi, qui ont été séduits itou par cet humour très osé, il faut le préciser cependant (mais c’est ce qui fait qu’il est excellent, justement : cet aspect ultra osé et, même, extrême, parfois, notamment par rapport à Déborah).

Le style est très bon : dynamique, d’une très bonne qualité littéraire, efficace…

Tous les personnages sont très bons : les trois copines, bien évidemment, mais aussi les personnages annexes : Ben, le colocataire bien sous tous rapports et même séduisant de Morgane mais toujours puceau à 26 ans, la collègue de travail de Charlotte, tous les soumis de Déborah…

Un élément que j’ai particulièrement apprécié, également : la vision du « Paris du sexe » qui nous est donnée, qui est emplie de petits détails qui témoignent d’une connaissance particulière à ce sujet, et donc d’un réalisme très sympa à lire.

Concernant l’aspect érotique, j’avoue que ce n’est pas l’élément dont j’ai été la plus friande dans ce roman, même si j’en reconnais sa qualité (c’est toujours important de distinguer ce qui est de son goût personnel du moment – d’autant plus qu’il est changeant, le vilain – et de la qualité objective d’un texte). C’est très bien écrit, avec de très bonnes idées et une exploration de suffisamment de fantasmes différents pour que chacun puisse y trouver son compte (j’ai par exemple beaucoup aimé la scène avec Boris, qui touche tout à fait à un sujet qui me plait, et qui a été ma scène sexuelle préférée, d’ailleurs), mais je crois que ce qui fait que j’ai préféré l’aspect humoristique à l’aspect érotique de ce roman sont que : je ne suis pas sûre que l’association humour + érotique marche bien, chez moi, pour me rendre sensible derrière sur le plan érotique, que j’ai eu du mal à être conquise par l’intérêt romantique de Charlotte (c’est mal parti dès le début, en fait : la manière dont il la drague via internet, les messages privés qu’il envoie, les photos de lui torse nu très rapidement, au lieu de m’émoustiller comme le vit Charlotte, m’ont désagréablement rappelé tous les dragueurs pénibles qu’on se tape sur internet quand on est auteur d’érotique et m’ont donc donné une impression plus rebutante qu’autre chose) et une verve, sur le plan du vocabulaire érotique qui, si j’en reconnais la qualité, m’a semblé parfois too much (je préfère avoir une répétition d’un mot qui a été utilisé précédemment que ce qui m’est apparu parfois comme une déclinaison trop poussée du chant lexical des différentes manière de qualifier les organes sexuels). Mais bon, il s’agit là de quelque chose de tout à fait personnel, je le répète, et non pas d’une réserve : je le signale juste à titre informatif mais je ne doute pas la moindre seconde que ce roman puisse plaire à ce sujet.

Seule réelle réserve, du coup : la résolution du « mystère » qui plane dans le roman. On a quelque chose qu’on doit découvrir au bout d’un moment, il apparaît relativement rapidement qu’on aura la révélation à la fin, puis que cette révélation va être un peu tirée par les cheveux (forcément) et… oui, c’est le cas. Il y a bien des justifications qui sont données mais… mouais, quoi. Je n’en dis pas plus parce que ce serait spoiler. Juste : mouais.

Mais bon ! Quelle importance parce que, franchement, franchement, franchement, je me suis éclatée ! J’ai adoré suivre les aventures de ces trois copines, j’ai dévoré ce bouquin, je me suis régalée, je l’ai recommandé à tout le monde (je le fais encore ici) et je compte maintenant lire la suite : Sex and the TV (enfin, le deuxième volet, parce que cette histoire se lit tout à fait toute seule).

A noter qu’une adaptation cinématographique est prévue, ce que j’applaudis ! Il y a là une matière géniale pour faire un film excellent et je vais être très curieuse de voir ce que ça donnera.

Pour finir, quelques citations des trois copines :

– Charlotte :

Au moment de quitter la salle de bains, Charlotte fut prise de remords. Elle qui passait ses journées à imaginer des recettes saines et biologiques, faites à base de produits cultivés dans le respect de l’environnement, voilà qu’elle se surprenait encore à adopter un comportement antiécologique notoire ! Il fallait vraiment qu’elle renonce à se masturber sous la douche. Combien de litres d’eau gâchés pour son plaisir ? Tout à coup, elle s’imagina Nicolas Hulot surgissant en deltaplane par la fenêtre de la salle de bains et brandissant un bon vieux godemiché en bois non-traité pour la ramener dans le droit chemin !

– Déborah :

— C’est simple, je vais te donner ma technique : tu l’encules ! S’il se laisse faire, c’est qu’il est ouvert, sans mauvais jeu de mots. S’il s’oppose, c’est qu’il est coincé du cul. Mais attention, s’il s’offusque, ça ne l’empêchera pas d’aller se faire mettre ailleurs, c’est là qu’est toute la subtilité. D’où ma doctrine, que je livre à votre réflexion : « homme enculé, homme fidélisé. » Depuis que je l’applique, je n’ai jamais eu de déconvenue. OK, c’est peut-être facile de réduire les individus aux caprices de leur anus, mais que voulez-vous ? L’homme est peu de chose : flattez-lui le cul, et il filera doux.

– Morgane :

— Ah bon, mais pourquoi ça te gênait ? questionna Morgane. Moi, à ta place, j’aurais essayé, rien que pour le thrill. D’ailleurs, je ne vous cacherai pas qu’étant donné le lieu où je l’avais chopé, j’ai demandé ce genre de « prestations » à mon Damien, juste histoire de voir ce que ça vaut quand on va les chercher chez le fournisseur. C’est vrai, les fraises, par exemple, elles sont vachement meilleures quand tu vas les cueillir chez les petits producteurs. Donc, suivant cette logique, j’ai pensé : clairement si tu chopes un type en soirée sadomaso, ça doit être un master de la cravache. Que nenni ! Il tapait sur mes fesses à petits coups secs et rapides, c’était super énervant, on aurait dit qu’il cherchait à communiquer en morse avec les habitants de mon cul.

Prix : 6.49 euros (ebook) / 7.95 euros (broché).

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