Rainbow Warriors d’ Ayerdhal

Rainbow Warriors d’ Ayerdhal


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Rainbow Warriors

Auteur :  Ayerdhal

Genre: Humour et thriller

Longueur: 523 pages

Résumé: Mis à la retraite sur requête du Bureau ovale, le général de division Geoff Tyler se voit proposer par l’ancien secrétaire général des Nations unies de prendre la tête d’une armée privée financée par des célébrités de toutes obédiences.
Objectif : renverser le dictateur d’un État africain et permettre la tenue d’élections en bonne et due forme. Ses moyens : l’argent n’est pas un problème. Son effectif : un encadrement d’une centaine de professionnels et 10 000 soldats dont il faut parfaire la formation. Jusqu’ici tout va bien. Il y a toutefois un détail. Cette armée est presque exclusivement constituée de LGBT. Lesbian, Gay, Bi, Trans.

Avis: La première chose qu’un lecteur se dit en ouvrant Rainbow Warriors tient du genre « Mais qu’est-ce que c’est que cet O.V.N.I. ? » Le thème est en effet barré du début à la fin, incongru comme pas permis et témoigne du fait que l’auteur n’a pas peur des risques ou des sujets qui à force de trop vouloir embrasser tourneraient au nanar gentillet au mieux, au ridicule littéraire au pire.
Jugez plutôt : un général américain habitué aux réflexions cinglantes, même face à des huiles, est mis à la retraite forcée. Voici qu’une connaissance lui propose alors une mission d’un genre nouveau : prendre la tête d’une armée composée presque exclusivement de membres LGBT, payée par une flopée de richissimes stars, le tout dans le but de renverser une dictature africaine pour imposer un gouvernent de transition dirigé par un ex-secrétaire de l’ONU. Le pays est totalement imaginaire, mais hélas pas improbable, une grande partie de l’Afrique en général et les dictatures africaines en particulier étant généralement peu amicales envers les populations LGBT, et si les noms de stars et de l’ancien secrétaire sont totalement inventés, ils sont aussi totalement transparents.
Un sujet bateau mal traité, c’est une chose, un sujet tel que celui-là, aussi sensible sur tout un tas de registre, et bien un sujet tel que celui-là mal traité, cela tiendrait du trou noir littéraire pour l’auteur et donnerait au lecteur tatillon, voire aux autres, des envies d’attraper la boîte d’allumettes la plus proche et de faire un feu de joie.
Et bien malgré ces inquiétudes, et vu qu’apparemment mes envies de pyromane amateur sont encore sous contrôle, l’auteur, justement, s’en tire très bien. Le roman a l’intelligence de ne pas s’arrêter au coup d’état mais de poser ensuite la question difficile: « Peut-on tenir un pays qu’on a conquis par la force, même s’il ne s’agit que de tenir pendant la période nécessaire à l’organisation d’un régime démocratique? » Parce que les bonnes intentions, c’est très bien, mais quid du droit des peuples à décider d’eux-mêmes et d’autres petits détails dans ce goût là?
C’est gentiment barré, plein d’humour et de questions difficiles sous-jacentes, généralement plus sur les soucis géopolitiques que sur l’orientation sexuelle, d’ailleurs. Bien sûr, le livre a ses défauts, mais tant pis: le rythme, l’écriture, le culot des personnages principaux qui s’en trouvent vraiment attachants, le tout incite à dévorer les pages avec enthousiasme et curiosité et à ne plus le reposer jusqu’à ce que la dernière cartouche soit tirée.

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