La rose de Versailles, de Riyoko Ikeda

La rose de Versailles, de Riyoko Ikeda


La rose de Versailles

Auteur : Riyoko Ikeda
Genre : manga. Série. Historique + shojo.
Longueur : 2 volumes. 1500 pages environ.

Résumé : Le père d’Oscar, le général de Jarjayes, désespéré de ne pas avoir de fils (il a six filles), décide d’élever sa plus jeune fille comme un homme.

Avis, par Hetep Heres : Le seul manga que j’aie jamais lu est classé parmi les shojo (et c’est un vieux de la vieille !)
Il s’agit de La rose de Versailles, de Riyoko Ikeda.
Et oui, pour une passionnée d’Histoire de France, cela s’imposait !

Et j’ai ADORÉ cette histoire ! De l’action, de la psychologie, des choix cornéliens, des morts, du drame, une évolution progressive des personnages, un contexte historique à peu près exact (bien que certains trucs m’aient hérissé le poil et fait grincer des dents… après tout, c’est l’histoire de France vue depuis le Japon), et une fin qui n’est PAS une happy end.
Bref, beaucoup d’ingrédients pour plaire.

L’histoire en quelques mots : elle commence vers la fin du règne de Louis XV. Un noble général dont la famille est dans l’armée de génération en génération est désespéré car il n’a pas de fils pour prendre la relève de toute cette lignée d’officiers royaux après lui ; il n’a que des filles, et il en a beaucoup (six, je croi). Tous ses espoirs se portent sur le septième enfant que sa femme est en train de mettre au monde mais, oh ! c’est une septième fille !
Qu’à cela ne tienne, le général décide de faire un pied de nez à la nature et décide que cette fille sera en fait son « fils » : il lui donne un prénom résolument masculin (Oscar), et l’élève comme un garçon, bref, il fait d’elle un garçon puis un homme dans l’espoir d’en faire son successeur.

A l’adolescence, Oscar entre dans les gardes royaux et fait la connaissance de Marie-Antoinette, qui a le même âge qu’elle.

Au début très éloignée du monde du peuple de Paris et même de celui des campagnes, elle appartient à celui de la Cour. Mais au contact de son valet et ami d’enfance André, plus sensible qu’elle aux idées nouvelles, elle va peu à peu, très progressivement, ouvrir les yeux sur les inégalités et injustices du monde de l’ancien régime, puis sur les conséquences de la crise économique (oui, déjà à l’époque) sur les petites gens, elle qui côtoie l’opulence de Versailles.
Sa loyauté à la monarchie est mise à rude épreuve, ainsi que son affection pour le roi et la reine, et elle en arrivera vers la fin de l’histoire à ce qu’elle avait toujours tenté d’éviter dans cette crise de conscience : devoir choisir son camp.

Par-dessus cela se greffent des histoires d’amours contrariées, ou à sens unique, ou à « retardement », histoire de bien compliquer la situation de personnages qui déjà ne vivaient pas une période très simple…

On suit également beaucoup dans ce manga la vie de Marie-Antoinette, avec une certaine version (dans le genre « amants maudits ») de sa relation avec Axel de Fersen qui en fait une immense histoire d’amour réciproque. Sur ce point, les vrais historiens sont plus prudents qu’Ikeda…

Le graphisme typiquement « manga » peut rebuter (ça et là on a droit à d’immenses yeux pleins d’étoiles et/ou à des encarts de fleurs tout autour des personnages), et certains trucs peuvent étonner (aaah, les fameuses pattes d’eph’ en plein XVIIIè siècle, ça n’a pas fini de me faire rigoler – et là on voit que c’est un manga des années 70 !), et certaines envolées lyriques grandiloquentes m’ont doucement fait lever les yeux au ciel, mais au-delà de ça c’est une excellente histoire et je ne regrette pas les quelques sous-sous que j’ai mis dans l’achat des deux tomes (chez Kana, environ 1500 pages en tout).

J’avais déjà découvert cette histoire dans mon enfance (elle avait été adaptée en dessin animé dans les années 80 sous le titre – assez nul, je trouve – de Lady Oscar), mais je n’en avais gardé qu’un souvenir confus (les grandes lignes de l’histoire et les scènes de duels, de combats et de cavalcades).

Je le conseille vivement à ceux que les thèmes de l’identité de genre, du XVIIIè siècle, de l’affaire du Collier ou de la Révolution française intéresse ! (ainsi qu’aux amateurs de romances contrariées et d’amours impossibles…)

Quelques images, enfin :

Liens bonus : Un autre avis très fouillé et auquel je souscris, surtout en ce qui concerne les limites de la véracité historique et le point de vue trop « angélique » de Zweig, repris par Ikeda, mais aussi en ce qui concerne le côté très vaguement yuri de l’œuvre ainsi que le mélange de Dumas, Zola et Hugo : sur manga sanctuary.

Et un autre, plus rigolo, sur le blog Une blonde et ses livres.

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