The Walking Dead, de Robert Kirkman

The Walking Dead, de Robert Kirkman


The Walking Dead

Auteur : Robert Kirkman.
Genres : Anticipation, survie, angoisse.
Longueur : Série de comics. 22 volumes à ce jour. En cours. Les 21 premiers volumes constituent un arc complet qui peut être lu en tant qu’œuvre complète, si on le veut.

Note : L’OEUVRE qui est à l’origine de toute cette folie mondiale/mode relative aux morts vivants, depuis quelques années, maintenant (oui oui, rien que ça).

Résumé : Cette série narre les péripéties d’un groupe de personnes essayant de survivre dans un monde peuplé de zombies.

Avis : Attention, CHEF D’ŒUVRE, ici.

Cette œuvre est l’une de celle sur laquelle je n’aurais pas fait de recommandation si je n’avais pas retrouvé sur le net un avis que j’avais déjà écrit dessus (avis revu pour cette fiche, ici), parce que c’est une œuvre tellement énorme, tellement extraordinaire, que j’aurais vraiment du mal à en parler sans en faire une succession de superlatifs sans fin (et ‘voyez, déjà, ça commence).

Bref, une chose à savoir, peut-être, avant de lire cet avis : les morts vivants, ce n’est vraiment mais vraiment pas mon truc !!!

Et pourtant.

En fait, je n’aurais très probablement jamais lu ce comic s’il n’y avait pas eu à ce sujet une dure négociation avec mon homme (« si tu lis ce roman, je lis ce comic »). Il m’en disait du bien à n’en plus pouvoir, il avait (et je ne l’ai jamais vu faire ça auparavant) lu le premier tome et je me souviens qu’il s’était levé, était parti à la librairie, et était revenu direct avec tous les tomes suivants alors parus, soit quelque chose comme une quinzaine. Il les a dévorés… J’ai attaqué, avec une réticence énorme, ce fameux comic bourré de morts vivants (le genre que je fuis complètement) et…

Ah, c’est un chef d’œuvre. Et je les ai dévorés aussi comme j’ai rarement dévoré des livres.

C’est une œuvre extrêmement profonde, en fait, et qui va largement au-delà de toute l’image que l’on a sur les histoires de morts vivants que l’on classe plutôt dans la catégorie « horreur » (je ne classe d’ailleurs pas dans la catégorie « épouvante-horreur » : ce n’en est pas), puisque là, c’est différent : l’auteur se sert de cette base, de ce monde post-apocalyptique dans lequel le danger est permanent (les zombies, donc, mais ça pourrait tout à fait être autre chose) pour poser énormément de questions, passionnantes et profondes, sur l’humanité d’une manière générale. Et derrière un livre de distraction, une histoire addictive et extrêmement captivante, on se retrouve donc avec un livre qui aborde des questions réellement philosophiques, finalement.

L’histoire : le personnage principal se réveille de son coma dans un hôpital devenu vide et découvre un monde nouveau, changé il ne sait comment, n’ayant suivi les évènements, et peuplé de morts vivants dans lesquels il ne voit, dans un premier temps, aucun autre survivant.

Alors, il part à la recherche de sa femme et de son fils.

L’auteur ne cherche à aucun moment à justifier son univers, et il a bien raison : on s’en fout de savoir comment tout ceci est arrivé, on n’a pas besoin d’avoir d’explication débile à coup de détails scientifiques, d’ailleurs, le fait étant peu justifiable physiologiquement. On se retrouve juste dans une situation donnée : voilà ce qu’il se passe, voilà ce que le monde est devenu, et, de cette situation donnée, l’auteur s’en sert pour soulever énormément de questions passionnantes. Note : si vous avez vu la série et vu la tentative d’explication scientifique associée, sachez qu’il y a d’énormes différences entre le comic et la série (cet épisode, totalement inexistant dans le comic, entre autres) et que celle-ci est à des années-lumière de la qualité du comic. Là où la série est, sur plusieurs aspects, très bonne (forcément, avec une base aussi excellente, il aurait été difficile de faire quelque chose de mauvais), le comic est une œuvre d’exception.

C’est une série qui se dévore. Complètement. Les tomes se finissent à chaque fois, sans faute, sur un cliffanger absolument insoutenable, les dernières cases des doubles pages font souvent de même, poussant à lire très vite pour se précipiter voir ce qui a bien pu faire avoir une telle expression au personnage de la dernière case, etc. Le dessin est de très grande qualité : certes, bien plus faible dans le premier tome que dans la suite, mais l’émotion et la force de ce que ressentent les personnages est déjà là, de manière très expressive et dans la suggestion, les non-dits… Le noir et blanc est maîtrisé impeccablement, donnant une ambiance très forte à ce monde de chaos. Tout passe impeccablement sans que ni le scénariste ni le dessinateur aient besoin d’en rajouter.

Et, pourtant, malgré cette précipitation que l’on a à lire, on ne peut s’empêcher de s’arrêter, régulièrement, un instant lors de notre lecture ou entre deux tomes, pour se poser des questions. Comment réagirait-on dans une telle situation ? Comment les rapports humains se construisent ? L’importance du fait de former un clan, ce à quoi force la nécessité de survie, d’autant plus que l’auteur nous montre rapidement que le plus gros danger ne vient pas des morts vivants, mais des survivants, en proie à des choix cornéliens face à de telles situations.

Il y a énormément de thèmes très forts qui sont abordés : la famille, la peur, l’amitié, la besoin de reconstituer une société, avec des lois, des règles, de reformer un clan… J’ai énormément apprécié, en particulier, la façon dont l’auteur parle du thème de l’enfance : doit-on protéger les enfants de ces horreurs (autant qu’il le soit possible) ? Doit-on leur apprendre à se défendre ? (très vite évoqué par le héros principal qui se demande s’il doit donner une arme à son très jeune fils). C’est fort, c’est poignant, c’est profond, c’est vraiment exceptionnel (oui, je repars sur les superlatifs… on ne va pas y échapper, je crois).

Et, autre point fort : l’auteur ne tombe ni dans l’extrémisme ni dans la facilité du « vous avez cru que vous avez vu des choses horribles : tout est ici parfaitement justifié, logique, réfléchi, ce qui fait que, pour quelqu’un comme moi qui craint énormément la violence gratuite que l’on nous montre parfois, ici, malgré l’univers extrêmement dur qui est décrit, je n’ai pas eu ce sentiment de « trop », sinon à de très rares exceptions… et qui se discutent (sur les tomes portant sur le « Gouverneur », en particulier). Le fait que je n’ai que quasiment rien à pointer à ce sujet alors que cette œuvre décrit pourtant un monde post-apocalyptique particulièrement dur et que j’ai un niveau de tolérance à ce sujet extrêmement faible est, en soi, un signe également d’excellence.

Si lire cet énorme pavé (en… 5 jours ? C’est à peu près le rythme auquel les gens à qui je le prête le dévorent à chaque fois avant de venir quémander, avec espoir, une suite) vous fait peur, sachez que, entre le tome 21 et le tome 22, un saut dans le temps est fait, donc les 21 premiers tomes peuvent être considérés comme faisant partie d’une histoire complète. La série continue toutefois et, avec une telle qualité, je souhaite qu’elle continue encore longtemps.

Bref, une excellente série, profonde, sur tous les points, incroyablement addictive et humaine, extraordinaire dès ses premiers tomes, même pour les réfractaires au genre.

Prix : 14.50 euros par tome.

Notes :

  • Il existe une série, très connue, qui a de nombreux adeptes, mais que je ne conseille pas personnellement, ou alors uniquement en complément des comics, parce qu’elle reste très en-dessous de ces derniers, malgré de très bonnes idées. Si on n’a jamais lu le comic, c’est bien (comme je le disais plus haut : même en massacrant un peu le comic au passage, ce qui est le cas, la base est tellement excellente que, forcément…), mais l’œuvre d’exception, c’est vraiment le comic. Si on a vu d’abord la série, lire le comic reste une expérience à vivre absolument, d’autant plus qu’il y a d’énormes différences de scénario entre la série et le comic (jusqu’aux personnages qui survivent et qui meurent…),
  • Il existe également un jeu vidéo. Testé par mon homme, regardé en partie par moi, validé par nous-deux comme d’exception également,
  • Il existe également deux romans sur le personnage du gouverneur. Testés par mon homme, validés également comme excellents.
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