Je brille mais ne brûle point: Shine Not Burn, de Elle Casey

Je brille mais ne brûle point: Shine Not Burn, de Elle Casey


Je brille mais ne brûle point
Shine Not Burn

Auteur : Elle Casey.
Traductrices : Jade Baiser  Valérie Dubar.
Genres : Romance (M/F).
Longueur : Roman. 308 pages d’après Amazon.

Résumé : C’EST ARRIVÉ À LAS VEGAS. Je ne peux pas être tenue pour responsable. Ce qui se passe à Vegas est censé y rester, non ? Non ? Ouais. Pas vraiment.

Andie est à quelques jours de se passer la corde au cou, mais il y a juste un tout petit problème. Apparemment, elle est déjà mariée. Ou quelqu’un qui porte son nom s’est marié à un gars de l’Oregon, et le palais de justice ne veut pas lui délivrer une licence de mariage jusqu’à ce que tout cela soit éclairci. Patauger dans la bouse de vache au son de musiques country pour rencontrer un homme qui ne se déplace qu’à dos de cheval est loin d’être l’idée qu’elle se fait d’un bon moment, mais si elle veut se marier, devenir associée au sein du cabinet où elle travaille, et avoir deux enfants et demi avant d’atteindre ses trente-cinq ans, il lui faut aller au bout de cette pagaille et l’arranger rapidement… avant que son fiancé le découvre et que tout ce pour quoi elle avait travaillé se transforme en cendres.

Avis : Voici un roman que j’ai adoré.

L’histoire : une sorte de Very bad trip (le film, si vous l’avez vu) en version romance : une femme, extrêmement droite dans sa vision de la vie (elle veut la réussite professionnelle + la stabilité + les enfants avant tel âge, etc.), qui part avec ses amies à Las Vegas pour l’enterrement de jeune fille de l’une d’elle, s’enivre comme elle ne se permet généralement pas de le faire… S’ensuit une scène de drague absolument délicieuse, car les deux personnages ont trop bu, qu’ils essayent quand même d’être cools l’un devant l’autre, qu’elle est maladroite à ne plus en pouvoir, et que cette séduction alcoolisée est juste drôle à lire.

Puis, le lendemain, black out et, comme dit dans le résumé, les choses deviennent problématiques quand, deux ans après et sur le point de se marier, elle se rend compte qu’elle est déjà mariée… mais qu’elle en a tout oublié.

Si j’ai aimé ce livre, c’est vraiment pour son humour. Les scènes sont rocambolesques, l’humour est omniprésent, à tous les moments : dans les copines délurées, dans les interactions bourrées du casino, dans l’arrivée d’Andie en talons hauts en tailleur d’avocate en plein milieu rural plein de cailloux et de poussière, dans le décalage entre son univers et celui de ces éleveurs de bétail, dans tous les malheurs qui lui arrivent (et qui se succèdent)… J’ai vraiment beaucoup ri et même parfois éclaté de rire à voix haute, ce qui ne m’arrive pas tous les jours en lisant un bouquin.

L’histoire d’amour est jolie, fraîche, bien menée. Les personnages sont plaisants…

Après, c’est une romance somme toute assez classique, avec quelques clichés (le héros trop beau qui a les yeux qui brillent tellement qu’on dirait qu’ils sont rétro-éclairés. Si si), quelques personnages caricaturaux (la fille qui rêve de mettre le personnage masculin dans son lit depuis des années, en particulier, mais beaucoup de personnages qui gravitent autour des deux héros, finalement), quelques éléments qui m’ont laissé dubitative (le héros qui a à peine vu l’héroïne mais est quand même tombé amoureux d’elle et l’est resté malgré les années)… mais qui fonctionne. Et qui est suffisamment drôle et sympathique pour qu’on n’ait pas de difficulté à pardonner à l’auteur ces quelques légèretés. Et, finalement, à chaque fois que j’ai trouvé une petite baisse de rythme, une caricature un peu trop forte, un élément un peu trop poussé… ça a été pour me retrouver ensuite devant une scène très drôle, une situation qui tranchait avec la précédente, une explication de leur ressenti de la part des personnages faisant que ça passait finalement bien…

Quant à la fin, elle m’a émue et, vraiment, je me suis régalée à lire ce livre.

Concernant le style : fluide, agréable, plein d’humour. Relativement simple, toutefois : à ne pas lire pour chercher une prose transcendante, mais agréable et réussie dans son genre humoristique.

Quant à la traduction, elle est bonne. On sent parfois encore un peu la « patte » anglaise, par moments, mais c’est lié à l’aspect humoristique : il y a pas mal de jeux de mots, ce qui a dû rendre cette traduction vraiment ardue, et chapeau aux traductrices pour avoir su rendre ainsi l’humour de ce texte.

Extrait :

Le bruit de pas écrasant des graviers s’affaiblit alors qu’elle s’éloignait, me laissant seule avec le sauvage attardé, Ian MacKenzie.
— Je vous vois sourire. Vous pouvez arrêter de jouer l’opossum avec votre minuscule ami aux cheveux violets et m’aider à lever votre gros cul du sol. C’est quand vous voulez.
Mes yeux s’ouvrirent d’un coup.
— Excusez-moi ? Est-ce que vous venez d’insulter mes fesses ?
Il haussa les épaules, le visage impassible.
— Je dis ce que je vois et je ne m’excuse pas.
Je voulais me lever maintenant pour lui resservir une bonne dose de ce que sa mère lui avait promis.
— Je n’ai pas besoin de votre foutue aide, dis-je en bataillant pour me lever.
Je frappai sa main tendue.
— Ne me touchez pas, espèce de sauvage attardé.
— Oh, c’est du joli. Rabaisser les personnes atteintes d’un handicap en utilisant leur état comme une insulte.
Il recula, me donnant beaucoup d’espace.
— Allez-y alors, occupez-vous de vous. Je vais me contenter de rester là et tirer sur le crotale derrière vous.
— Quoi ? hurlai-je en me retournant.
J’essayai de me reculer en même temps et la combinaison des deux mouvements que je n’étais malheureusement pas qualifiée à faire tout en portant un talon haut m’envoya une fois de plus au sol. Je traînai et rampai mon ‘gros cul’ sur la route pour mettre le plus de distance possible entre le serpent et moi.
— Où est-il ? demandai-je à bout de souffle, regardant désespérément d’abord dans les buissons, puis vers lui.
Le salaud riait.
— Il n’y avait pas de serpent, pas vrai ? dis-je alors que je comprenais son manège.
Il secoua la tête tout en se moquant de moi, des larmes venant à ses yeux.
— Merde, femme, vous pouvez vraiment détaler quand vous le voulez.
Je le frappai à la jambe et le cuir de ses jambières me fit mal à la main.
— Aidez-moi, crétin. Ma cheville est en vrille et maintenant, grâce à vous, mes vêtements sont ruinés.
Rien ne pourrait sauver cet ensemble, même pas le nettoyage à sec. Et je l’avais acheté le mois dernier dans ma boutique préférée. Ils devraient mettre un panneau à l’entrée de cette ville : Baker City, l’endroit le plus poussiéreux sur Terre.

Prix : VF : 5.26 euros (ebook) 13.66 (papier)/ VO : 3.49 euros (ebook) 16.83 (papier).

Note : L’auteur a écrit une suite : MacKenzie Fire, non traduite en français, encore.

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