Annabelle, de Sara Agnès L.

Annabelle, de Sara Agnès L.


Afficher l'image d'origineAnnabelle

Auteur : Sara Agnès L.
Genre : Érotique. Romance. BDSM.
Rating : 18+.
État : Roman.

Résumé : Une éditrice de littérature adolescente se fait transférer un auteur érotique dont les textes n’ont rien à voir avec une sexualité traditionnelle. Annabelle devra donc faire ses preuves pour amadouer l’auteur, mais à quel prix ? Alors qu’elle mise sur son professionnalisme hors pair, John lui fera découvrir tout un monde dans lequel elle basculera petit à petit.

Note (Admin) : Attention, recommandation faite à l’époque où ce roman était lisible en lecture libre sur le net. L’avis suivant ne prend donc pas en compte les changements qui auraient pu être fait lors du passage à l’édition.

Avis : Commençons par une petite présentation de l’histoire de ce roman : ça permettra tout de suite de se repérer, je pense.

Voici un roman qui fait l’objet d’une publication en tant qu’ebook. Vous le trouverez donc sur Amazon. Il est cependant lisible intégralement en ligne, et ce de manière gratuite : c’est ainsi que je l’ai lu.

Pour la petite histoire, cette fiction a été publiée sur un site permettant à la fois de publier ses textes en lecture libre et de faire de la publication à compte d’auteur, et y a eu un tel succès, notamment en termes de lecteurs, que le webmaster de ce site a décidé d’offrir lui-même à Sara Agnès L. la publication de son roman en ebook, via un système de sélection de certains textes. Ça fera bientôt un an et on ne peut que se dire qu’il a été bien avisé puisque cet ebook figure depuis dans le top 10 des ventes d’ebooks en érotisme sur le site Amazon (du moins au moment où j’écris cette fiche) et se paye des 5 étoiles sur 5 en avis des lecteurs partout où je suis passée voir comment il était reçu. C’est donc clairement un roman à succès.

J’en avais entendu parler par rapport au phénomène Fifty Shades, ayant lu quelque chose comme « si vous voulez lire une vraie histoire de BDSM, lisez plutôt Annabelle« , ce qui a été la source de ma curiosité. Je n’ai pas lu Fifty Shades et mon avis à ce sujet restera donc théorique, mais je pense que le roman Annabelle a tout à fait ce qu’il faut pour plaire à son public : une romance très aisée à lire, qui se dévore sans avoir besoin d’avoir l’habitude de lire des romans, une histoire d’amour intrigante et une curiosité évidente dans l’intrigue qui nous pousse à nous jeter sur la suite en nous demandant ce qu’il va advenir d’Annabelle et jusqu’où elle va aller dans sa relation avec le deuxième personnage principal.

Nuance, toutefois, et de taille par rapport au roman d’E.L. James : le BDSM. Ici, la vision qui est donnée de ce milieu est franche, extrême, tout à fait réaliste, même si tout de même parfois précipitée dans la manière dont certaines pratiques arrivent et puis je regrette aussi l’absence de safe-sex ou de safe-word. Il faut aussi signaler que tous les adeptes de BDSM n’ont pas des pratiques autant poussées : on est vraiment, là, dans le BDSM très poussé, avec la domination/soumission très forte, les soirées avec spectacles à ce sujet, le multipartenariat, etc. (sans parler du fouet et compagnie). En ce sens, je ne le conseillerai vraiment pas à quelqu’un craignant le sujet du BDSM, parce que ça va très loin. Les faits sont hard, c’est hautement dérangeant… L’auteur a eu le mérite, pour ça, de ne pas faire de l’édulcoré mais, pour ceux intéressés par ce thème, il existe des fictions étant plus soft à ce sujet, d’autant plus que, si la psychologie du personnage principal n’est pas laissée à la trappe, ce n’est pas non plus suffisamment approfondi pour qu’on échappe aux difficultés à la comprendre, parfois, vu l’ampleur des faits décrits.

Sur le plan du style… franchement, ça ne casse pas trois pattes à un canard : c’est bien écrit, c’est tout. Ça se lit bien : très facilement, même, et c’est là un point fort dans le sens où les pages se suivent si facilement les unes après les autres que ça se dévore, mais il n’y a absolument pas de plaisir à tirer dans le style en lui-même : je n’y ai vu aucune phrase que je qualifierais de jolie, les phrases commencent quasi toutes par le sujet… Bon, ça ne donne pas non plus un style désagréable comme peuvent parfois l’être des styles trop pauvres, et c’est bien écrit, j’insiste tout de même à ce sujet parce que j’ai moi-même bloqué devant l’intro de cette fiction quelques fois avant de l’entamer : ne vous laissez donc pas arrêter par ça. Mais bon, voilà, il n’y a strictement rien d’intéressant à attendre sur le plan du style si ce n’est d’avoir un texte qui se lit facilement. A signaler qu’il reste également quelques fautes, ainsi que, très rarement mais ça arrive, quelques mots manquants ou autres coquilles. Au total, ça reste relativement peu vu le nombre de chapitres totaux mais, pour un bouquin ayant été édité, c’est surprenant. Je ne sais cependant pas ce que donne à ce sujet la version publiée. J’ai également tiqué sur un usage trop abondant à mon goût de points d’exclamation au début et de points de suspension à la fin, certaines expressions comme le pléonasme « voire même » ou la tendance de l’auteur à sauter les « ne », dans les dialogues (ex : « C’est pas » au lieu de « Ce n’est pas »), ce qui est quelque chose qui me dérange un peu et contribue à donner un style peu littéraire à cette fiction.

Sur le fond, sinon, c’est réussi. Vraiment. Là encore, il y a des défauts : l’histoire est bien emmenée, les personnages aussi, même si ça tend entre le bien développé et le léger, parfois : ce n’est pas une fiction où tout est impeccable et où on n’a pas à se dire à certains moments « hou là, ça va un peu vite, là » ou où on ne sent pas de faiblesses. Ne vous attendez pas à de la grande littérature, donc, c’est clair. Pour autant, ça marche ! Et ça marche super bien. C’est un roman que j’ai dévoré. La curiosité est piquée dès le début et on lit tout le roman dans l’attente de savoir la suite et c’est un excellent point. ça faisait très longtemps que je n’avais pas lu une fiction qui me donne ainsi envie de lire la suite et, en ce sens, c’est une vraie réussite. J’ai lu les commentaires des autres lecteurs et les « j’ai lu cette histoire d’une traite » et « je suis prise par le récit » y sont fréquents, signe que je ne suis pas la seule à avoir été dans ce cas de figure.

Cette fiction a, de plus, le mérite d’être une fiction érotique proposant une vraie histoire. Celle-ci est relativement simple : le personnage « normal » qui est entraîné dans un monde très sexuel par quelqu’un travaillant dans un tel domaine, mais les sujets simples sont parfois ceux qui marchent le mieux et ça marche impeccablement, ici. La description qui est faite du monde de l’édition est intéressante et m’a semblé réaliste, également, au point de me faire m’interroger sur les rapports que peut y avoir IRL son auteur. La plongée dans le milieu du BDSM est suffocante : c’est à une vraie descente en enfer que l’on assiste. On se laisse très facilement prendre avec la curiosité de savoir ce qu’il va se passer derrière : jusqu’où va aller la relation entre les personnages et ça se dévore donc totalement, malgré les faiblesses pré-citées. La construction, de plus, est bonne, avec trois phases qui représentent chacune à peu près le tiers du texte, dont la première de découverte des personnages qu’on pourra appeler « l’avant BDSM », la deuxième de BDSM et de relation de domination/soumission pure, et la troisième phase… « l’après », pour ne pas faire de spoil sur la fin, mais que j’ai trouvée particulièrement intéressante dans l’abord de la psychologie du personnage principal.

Sur le plan sexuel, j’avoue que ça ne m’a pas fait un effet bœuf mais tout est relatif à ce sujet. J’ai plus été dans la curiosité intellectuelle, tout simplement par sensibilité personnelle, mais ce roman m’a eu l’air de plaire très fortement sur ce plan aussi aux autres lecteurs et je pense qu’il a largement de quoi plaire aux amateurs de scènes hard. On est assez facilement dans le magic sex, avec les hommes sur-performants capables de ravoir je ne sais plus combien d’érections (on perd très vite le compte !) en un claquement de doigt et les personnages féminins d’exception également et il y a parfois quelques positions qui laissent le doute sur comment sont placés exactement les protagonistes. Pour autant, ça passe très bien. Quant aux rapports en eux-mêmes, vous en aurez de tous les genres : du BDSM hard aux rapports tendres en passant par des scènes entre deux femmes, jusqu’à une scène allant jusqu’au viol, rien que ça.

Note : Il existe un texte bonus : Lettre à Anna, que j’ai lu et qui est essentiellement intéressant en tant que prélude à la suite qui a été écrite de ce roman, je pense, ainsi qu’une suite : Annabelle 2, qui est un vrai roman terminé également à ce jour, que j’ai lu mais qui m’a nettement moins séduite, même si je vous invite à vous faire votre propre avis à ce sujet.

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